Interview Jacques BAUDIN Senior Vice-Président Business Development & Marketing - TECHNIDATA "Notre but est d’automatiser la gestion de l’information au sein d’un laboratoire et ainsi de rendre les laboratoires plus efficaces et performants."

À Montbonnot, nous avons rencontré Jacques BAUDIN, Senior Vice-Président Business Development & Marketing chez TECHNIDATA. Avec plus de 40 ans d’expérience et de savoir-faire, TECHNIDATA est un acteur majeur dans le domaine des solutions informatiques à destination des laboratoires et des centres de ressources biologiques. Les logiciels TECHNIDATA, développés selon les normes de qualité ISO 9001 et ISO 13485, sont distribués dans plus de 25 pays et couvrent l’ensemble des disciplines de laboratoire : Biochimie, Hématologie, Immunologie, Microbiologie, Virologie, Anatomo-Cytopathologie, Génétique, gestion des CRB/Biobanques... TECHNIDATA propose également aux constructeurs de dispositifs médicaux des logiciels clés en main pour interfacer et piloter leurs automates d'analyses.

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Marlène : Bonjour ! Pouvez-vous me présenter TECHNIDATA en quelques mots ?

Jacques BAUDIN : Bonjour ! TECHNIDATA est un éditeur spécialisé dans les logiciels pour les laboratoires d’analyses médicales et les centres de ressources biologiques, que l’on appelle aussi « biobanques ». Nous couvrons l’ensemble des disciplines de laboratoire.

Notre but est d’automatiser la gestion de l’information au sein d’un laboratoire et ainsi de rendre les laboratoires plus efficaces et performants.

Il faut savoir qu’un laboratoire fonctionne comme une unité de production, le produit étant un résultat d’analyse. Nous sommes donc dans une logique de volume, mais aussi d’individualité car chaque échantillon est différent.

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Marlène : Comment est née cette entreprise ?

Jacques BAUDIN : En 1992 la société Bayer Diagnostics, qui commercialisait, entres autres, des logiciels de gestion de laboratoires, s’est restructurée et a souhaité externaliser cette activité, pour se concentrer sur la fabrication d’instruments d’analyse.

François Falco et Alain Laugier, ont repris cette activité à leur compte. Ils ont été rejoints par la grande majorité des salariés du centre de R&D de cette organisation (I.S.E.C : international software engineering center), apportant avec eux tout leur savoir-faire et leur expertise.

Technidata est donc née en 1993 : ce qui était une organisation dédiée au logiciel de laboratoire au sein de Bayers Diagnostics, est devenu une entreprise à part entière.

 

Marlène : Combien de personnes travaillent pour  Technidata aujourd’hui ?

Jacques BAUDIN : Nous sommes actuellement un peu moins de 200.

Sur le site de Montbonnot, où travaillent 123 personnes, se trouvent à la fois l’éditeur de logiciels Technidata SAS et la filiale de commercialisation pour la France. Nous comptons d’autres filiales en Europe, notamment en Allemagne, au Benelux et au Royaume-Uni. Nous possédons aussi une antenne à Manille, qui couvre l’Asie du Sud Est, et une autre à Montréal pour toute la zone Amérique du nord.

Si l’on compte le personnel de nos distributeurs, c’est bien plus de personnes qui oeuvrent en réalité pour distribuer nos solutions à travers le monde. Dernièrement, nous avons signé un accord de distribution concernant tout le Moyen-Orient, avec une société  basée à Dubaï. Celle-ci va nous permettre d’élargir notre territoire et de distribuer nos logiciels en Arabie Saoudite, au Bahreïn, en Egypte, Aux Emirats Arabes Unis, en Iran, en Jordanie, au Liban, au Qatar et au Sultanat d’Oman.

 

Marlène : Vous êtes implantés dans de nombreux pays, cela suggère que les aspects multiculturels sont importants chez Technidata.

Jacques BAUDIN : En effet. En tout premier lieu, la maîtrise de l’anglais est essentielle pour pouvoir communiquer entre filiales, mais également pour échanger avec nos clients et distributeurs. Si le support niveau 1 est assuré par chaque filiale ou distributeur sur son marché, nous assurons ici au siège social de Montbonnot, le support de niveaux 2 et 3. L’anglais est omniprésent, même s’il est vrai que pour nos collègues de la filiale française, c’est un peu moins nécessaire sur leur marché.

Notre implantation à l’international implique également une certaine mobilité car nous sommes amenés à épauler nos distributeurs, clients et  collègues dans les filiales, ou pour participer à des salons et congrès internationaux.

Par ailleurs, d’un pays à l’autre, il y a des variations dans la gestion des laboratoires. Cela nous impose de proposer des logiciels flexibles,  facilement paramétrables et multilingues. Il faut adapter le logiciel aux méthodes de travail locales dans la mesure où le système de santé diffère d’un pays à l’autre. Par exemple, aux Etats-Unis, un laboratoire réunit toutes les disciplines alors qu’en Europe, généralement, chaque laboratoire a une activité bien précise.

Enfin, disposer d’équipes disponibles sur plusieurs créneaux horaires en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, nous permet de proposer des services de support étendus, lorsque c’est nécessaire.

 

Quels sont les enjeux d’un laboratoire lorsqu’il s’agit de produire des résultats d’analyses ?

Jacques BAUDIN : Un laboratoire d’analyse médical se doit de rendre les résultats d’une analyse aussi rapidement que possible. Pour ce faire, il faut que les informations soient fiables et sécurisées. Nous faisons donc face, entre autres, à des problématiques de sécurité de l’information, de fiabilité, de rapidité du rendu des résultats.

 

Marlène : Quelle solution apporte TECHNIDATA à ces problématiques ?

Jacques BAUDIN : Nos logiciels ont pour objectif d’automatiser le laboratoire afin d’en améliorer l’efficacité et de renforcer la sécurité des patients en contribuant à optimiser la fiabilité des données, la traçabilité, la qualité et réduire les risques d’erreurs. Les données du laboratoire tiennent une place prépondérante dans l’établissement du diagnostic et donc du traitement pour le patient.

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Chaque discipline de laboratoire a ses particularités et un fonctionnement très spécifique. Par exemple en Microbiologie et en Anatomo-pathologie, l’intervention humaine reste encore importante à certaines étapes du protocole, même si des automates permettent d’automatiser certaines tâches. A contrario, dans un laboratoire de Biochimie ou d’Hématologie, le processus est très automatisé : on place un échantillon dans un automate, on récupère à la sortie un résultat d’analyse chiffré, qui est ensuite validé par le biologiste.

Une de nos forces est de pouvoir proposer des logiciels métiers, couvrant l’ensemble des disciplines, et répondant aux spécificités de chaque laboratoire, qu’il s’agisse de Biochimie, d’Hématologie, de Sérologie, de Virologie, de Microbiologie, d’Anatomo-pathologie ou encore de Génétique.

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Pour compléter cette offre, nous proposons également une solution transverse pour accompagner les biobanques dans leur gestion quotidienne. Ces organisations stockent et qualifient les ressources biologiques dans un but de recherche, et jouent un rôle croissant dans le développement et les avancées de la médecine personnalisée.

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Marlène : Qu’est-ce qui différencie TECHNIDATA de ses concurrents ?

Jacques BAUDIN : D’abord, comme évoqué précédemment, nous proposons une offre étendue et modulaire pour l’ensemble des disciplines de laboratoires, avec des logiciel métiers dédiés à chaque discipline.

Ensuite, notre couverture géographique est unique. En effet, nous sommes  le seul acteur dans notre domaine à avoir  une présence mondiale, à travers nos filiales et notre réseau de distributeurs. Nos logiciels sont distribués dans plus de 25 pays et nous réalisons 62% de son chiffre d’affaires à l’international.

TECHNIDATA se démarque également par son investissement dans le domaine de la Qualité et le respect des exigences réglementaires et des normes internationales les plus strictes. En effet, depuis sa création,  la qualité est au cœur du système.  A l’époque, nous avons d’ailleurs été l’une des toutes premières entreprises dans le domaine médical en France à être certifié ISO 9001, ce qui nous a permis d’asseoir notre crédibilité.

En France par exemple, nous avons fait évoluer nos logiciels pour répondre aux exigences de la norme ISO 15189, norme à laquelle l’ensemble des laboratoires français doivent obligatoirement se faire accréditer. Nous faisons aujourd’hui bénéficier l’ensemble de nos clients dans le monde de ces évolutions : si la norme ISO 15189 constitue un gage de qualité, elle n’est en effet pas encore obligatoire dans tous les pays, même si elle tend à le devenir de plus en plus.

 

Marlène : Aujourd’hui, combien avez-vous de clients ?

Jacques BAUDIN : Nous travaillons avec près de 750 laboratoires à travers le monde. En France, plus de 250 laboratoires ont choisi de s’équiper de nos solutions.

 

Marlène : Quels avantages tirez-vous de votre implantation à Montbonnot ?

Jacques BAUDIN : La région grenobloise constitue un écosystème dynamique, notamment dans le domaine de la santé et des MedTechs, un secteur d’activité en pleine croissance, soutenu par de nombreuses initiatives locales pour favoriser l’innovation et la recherche.

La présence de nombreuses écoles et d’acteurs majeurs dans le secteur de la santé alimente un vivier de main d’œuvre qualifiée, sur lequel nous pouvons nous appuyer.

 

Marlène : Justement, comment procédez-vous pour recruter cette main d’œuvre qualifiée ?

Jacques BAUDIN : Nous publions les annonces sur notre site internet ainsi que sur les réseaux professionnels tels que LinkedIn et Viadeo. Il nous arrive de faire appel à des cabinets de recrutement, de façon très spécifique, pour les postes les plus pointus.

Une fois que nous avons identifié un candidat, nous faisons en sorte que son intégration se passe le mieux possible. La région grenobloise est très attractive et nous attirons des personnes expérimentées et très qualifiées.

 

Marlène : Quels sont les futurs enjeux du domaine médical qui, demain, guideront le développement de vos logiciels ?

Jacques BAUDIN : Aujourd’hui nous travaillons sur une problématique principale qui est la consolidation des laboratoires. Avant, les laboratoires étaient de petite ou moyenne taille, aujourd’hui, ils se regroupent. Cette consolidation permet de faire des économies car, les laboratoires français doivent désormais suivre des référentiels qualité et, mettre en place un plan d’assurance qualité (norme ISO 15189). Cela demande des moyens financiers importants. Dès lors, les laboratoires ont tout intérêt à se regrouper pour mutualiser leurs moyens et consolider leur activité. Les sites deviennent plus grands et, inévitablement, plus complexes à gérer.

La seconde problématique est l’évolution technologique des techniques d’analyse. Nous faisons donc évoluer nos logiciels pour être en mesure d’intégrer ces nouvelles technologies et d’accompagner l’essor de la médecine personnalisée. Lorsque nous travaillons sur la génétique, nous avons besoin de faire un diagnostic qui est beaucoup plus spécifique, qui va permettre de déterminer un traitement spécifique pour chaque individu.

 

Marlène : Quelle est l’ambition de l’entreprise à court terme, et à plus long terme ?

Jacques BAUDIN : A court terme, nos priorités sont de développer les ventes de notre nouveau système de gestion de laboratoire pour la Biologie, TDNexLabs, lancé en Avril 2016,  d’accroitre nos   parts de marché dans le secteur des biobanques et des solutions middleware, notamment en microbiologie.

Nous avons en effet lancé en mars 2017 une nouvelle génération de TDBactiLink, notre middleware pour la microbiologie sans papier.  Ce logiciel permet à tous les laboratoires de se moderniser et de bénéficier d’une brique logicielle dédiée spécifiquement à la microbiologie sans papier, tout en conservant leur système de gestion de laboratoire en place. Ceci, au meilleur coût !
A la clé : plus d’efficacité, de fiabilité, de traçabilité, une mise en œuvre rapide et facilitée grâce à l’interopérabilité de la solution. TDBactiLink va également permettra au laboratoire d’évoluer plus facilement en terme d’instruments, de technologies, ou de chaines robotisées par exemple.

Il faut souligner que grâce à notre expertise, nous sommes précurseurs dans ce domaine et les seuls à proposer, à ce jour, un middleware de microbiologie sans papier avec ce niveau de perfectionnement, de flexibilité et d’interopérabilité.

A plus long terme, nous investissons beaucoup et continuellement en R&D pour soutenir l’innovation et améliorer sans cesse nos solutions. Le cycle de vie d’un logiciel de ce type est d’environ une dizaine d’année, mais nos équipes travaillent déjà sur les prochaines générations de logiciels

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Marlène : Merci de votre accueil chaleureux et je souhaite beaucoup de réussite à TECHNIDATA pour la suite de ses projets !

Retrouvez la liste des postes ouverts en France sur : http://www.technidata-web.com/fr/technidata/carrieres